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Blog géopolitique de D. Giacobi

Trisomiques, hommes d'affaires et hommes de coeur :

En Argentine :

Et pendant ce temps en France :

Le 7 septembre 2016, dans ses conclusions, dévoilées en audience publique, Laurence Marion, le rapporteur public du Conseil d’Etat, estime que la vidéo « Chère future maman » sur la trisomie 21 n’est pas d’« intérêt général » au regard du droit de la publicité audiovisuelle. En conséquence elle a proposé d’écarter les requêtes formées par sept jeunes trisomiques, l’association Les Amis d’Eléonore et la fondation Jérôme Lejeune.Ils demandaient l’annulation de la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), formulée dans deux communiqués de juillet 2014, interdisant la diffusion du spot « Chère future maman » (« Dear future mom ») au sein d’écrans publicitaires, car celui-ci pouvait « ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle ».

7 septembre 2016 : 7 personnes trisomiques au Conseil d'Etat (Co) F.C. photo Antoine Pasquier

7 septembre 2016 : 7 personnes trisomiques au Conseil d'Etat (Co) F.C. photo Antoine Pasquier

Sur le fond, le rapporteur public, Laurence Marion, a jugé le film « très réussi » et même « réconfortant pour les personnes handicapées ». « Cette vidéo avait une double finalité : celle de changer le regard sur les personnes atteintes de trisomie et celle de s’adresser aux futures mères avec un argumentaire positif », a-t-elle expliqué. « C’est une cause défendable, et non dépourvue d’intérêt général », a-t-elle ajouté. Le fait que ce petit film ait pu raviver la douleur de personnes ayant perdu un enfant atteint de trisomie ou ayant fait le choix de ne pas poursuivre la grossesse, n’était pas en soi un motif de censure. « Il existe d’autres publicités tout aussi culpabilisantes, voire violentes, comme le sont celles de la sécurité routière. Interpeller les consciences est légitime », a-t-elle affirmé.

Dans le domaine de la publicité le droit français interdit toute portée politique. En conséquence la publicité, si elle n’est pas économique, doit être revêtue d’un caractère d’intérêt général « tels que ceux diffusés dans le cadre des campagnes des organisations caritatives » (décret du 27 mars 1992). Laurence Marion a estimé que le clip « Dear future mom » n’avait pas ce caractère d’intérêt général. « En France, la loi est neutre. Elle protège la personne atteinte de trisomie, mais elle autorise aussi l’interruption de grossesse. D'un strict point de vue juridique, il n'y a pas d’intérêt général à promouvoir la suite d'une grossesse ou son interruption », a avancé Laurence Marion. Selon elle, cette vidéo n’était pas objective et n’avait donc pas sa place dans un espace publicitaire : « Il est possible de promouvoir ce message, mais pas sur ce type de support, car ce clip ne proposait qu’un choix aux futures mères, et essayait donc de les influencer dans leur choix ».

Me Louis Boré, avocat de la Fondation Jérôme Lejeune a commenté : « le spot serait d’intérêt général lorsqu’il parle des enfants atteints de trisomie, mais ne le serait plus lorsqu’il s’adresse à leurs mères. Mais les 70 000 personnes trisomiques en France ont tous une mère !Aujourd’hui, la pression sociale en faveur de l’interruption de grossesse est extrêmement forte. Alors, le jour de la Journée mondiale de la trisomie n’était-il pas normal de rétablir 30 secondes l’équilibre entre les deux plateaux de la balance ? ».

L’avocate du CSA a reconnu que son client a été maladroit dans ses courriers de justification,

Durant toute l’audience, sept personnes trisomiques étaient présents et les représentants ont été soucieux des mots utilisés dans les débats. Ayant fait le choix de ne pas être représentés par un avocat, et ne pouvant s’exprimer directement devant le Conseil d’Etat comme tout autre citoyen, les sept jeunes n’ont pas pu faire valoir leurs arguments.

Les conclusions du rapporteur public ne peuvent pas pour l’instant présager de la décision des magistrats qui interviendra dans plusieurs semaines.

D'après Antoine Pasquier dans Famille Chrétienne :

Et aussi :

Je laisse la conclusion à la philosophe Danielle Moyse qui réfléchit depuis longtemps sur la place des trisomiques dans le monde, « ce monde où la course à la toute-puissance nous a paradoxalement rendus très fragiles à l’accueil de l’imprévu, de la douleur, de l’obstacle. Mais au fond, c’est très logique. Notre ambition de maîtrise ne peut qu’être dérangée par toutes les manifestations de notre finitude. Jusqu’où irons-nous pour nous débarrasser de l’aléa, de l’incertitude, de la peur d’avoir peur ? »

N’ayons pas peur du vrai débat.

 

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