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Blog géopolitique de D. Giacobi

POUR REPONDRE AUX NEGATIONNISTES (1) :LE BILAN DU GENOCIDE ET LA NECESSITE D’ETABLIR DES RESPONSABILITES :


1°) Le « Procès de Nuremberg » :
Il se déroula dans la ville où se déroulaient les congrès annuel du parti nazi, ce qui est un symbole fort. Pour juger les « crimes de guerre nazis » (plus de 5M de juifs et tziganes massacrés froidement) que l’on exposa au grand jour il fallut improviser une nouvelle loi internationale, « le statut de Londres » du 5 août 1945. Les accusés eurent droit aux avocats de leur choix.
Après 403 séances publiques la sentence intervint le 1er octobre 1946. Parmi les accusés se trouvaient des dirigeants du parti nazi, des gauleiter –gouverneurs provinciaux-, des officiers supérieurs mais aussi des diplomates et des économistes. Sur les 24 accusés de conjuration, crime contre la paix, crimes de guerre et « crime contre l’humanité », l’un se suicida, 12 furent condamnés à la mort par pendaison (Goering, Von Ribbentropp, Kaltenbrunner, le général Jodl, le mal Keitel…) dont Bormann par contumace,3 à la prison à vie, 4 entre 10 et 20 ans de prison et 3 furent acquittés dont Schacht.

   Mais surtout on y avait aussi jugé 8 organisations nazies et 4 furent déclarées criminelles : les membres dirigeants du parti nazi – NSDAP-, la Gestapo, la SS et la SA. C'est à dire que le fait d’avoir appartenu à ces organisations motive une arrestation et un procès pour « crime contre l’humanité ».

   

            
  
  Le procès de Nuremberg :

 

http://www.dailymotion.com/video/x3esv2_le-procs-de-nuremberg-p1

 

http://www.dailymotion.com/related/x3ety6_le-procs-de-nuremberg-p3/video/x3etlb_le-procs-de-nuremberg-p2

 

http://www.dailymotion.com/video/x3ety6_le-proces-de-nuremberg-p3

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x3f2hz_le-proces-de-nuremberg-p4_events

 

 

http://www.dailymotion.com/related/x3f2hz_le-procs-de-nuremberg-p4/video/x3f2xh_le-procs-de-nuremberg-p5

 
2°) Le « Procès de Tokyo » :  Un « Tribunal interallié sur les crimes de guerre japonais » se tint à Tokyo de mai 1946 à novembre 1948 . 7 accusés furent condamnés à mort sur 8 (des militaires et des hommes politiques comme les anciens premiers Ministres Tojo et Hirota. Des poursuites pour « crimes de guerre » firent écarter des fonctions publiques 200 000 personnes (dont 180 000 soldats). Cependant dès la fin de l’occupation américaine en avril 1952 ils revinrent au pouvoir ( le 1/3 des députés élus alors étaient des anciens « épurés », 3 furent premier Ministre entre 1952 et 1960.   
       

 3°) Le fanatisme qui marqua la 2nde Guerre pose le problème de la « responsabilité collective des peuples » . En outre de graves atteintes aux droits de l’homme n’ont pas été jugées : l’utilisation des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les massacres et déportations organisés sur ordre de Staline comme celui des officiers polonais à Katyn, il a fallu attendre les années 1980 et surtout le Procès Papon entre octobre et avril 1998 pour que soit réellement reconnue la participation de l’administration française au génocide. 

 

 













&
  La question de la « responsabilité collective » des peuples :

En 1992 l’historien américain Christopher Browning publia un ouvrage intitulé « Des hommes ordinaires » écrit à partir des 125 témoignages recueillis à la suite d’une enquête judiciaire menée en RFA dans les années 1960. Ils lui ont permis de reconstituer en quelque sorte le « journal » du 101ème Bataillon de Police régulière de  Réserve allemande, sorte de gendarmerie agissant surtout en milieu urbain, composé de 500 hommes trop âgés pour être envoyés au front, souvent pères de familles, la plupart issus de milieux modestes de la ville de Hambourg – ouvriers, vendeurs, artisans, employés de bureau, représentants de commerce -. Il s’agissait donc d’adultes qui avaient été formés avant l’embrigadement de la jeunesse allemande par les nazis et qui le plus souvent votaient à gauche avant 1933. 

   Pourtant ces 500 « hommes ordinaires » envoyés en service en Pologne dans le district de Lublin, vont de l’été 1942 à l’automne 1943 tuer d’une balle dans la tête 38000 juifs polonais et en déporter 45000 vers les chambres à gaz du camp d'extermination de Treblinka.

   L’étude de Browning s’inscrit dans ce que les historiens italiens appellent  la « microstoria » - la microhistoire - ; elle s’efforce de mettre en relief le « réel historique » au niveau le plus simple de l’individu ou de la petite communauté comme le 101ème Bataillon. Son travail pose la question de la responsabilité de la population allemande face à l’extermination des juifs.

L’intellectuel  italien, Primo Levi, survivant d’Auschwitz (qui finalement se suicida en 1987 brisé par sa réflexion lancinante sur l’horreur concentrationnaire), écrivait en 1960 après l’arrestation de Richard Baer  - qui succéda à Rudolf Hœss  à la tête du camp d’Auschwitz - :    «  La semence jetée par les apôtres noirs (les SS) a pris racine en Allemagne avec une déconcertante rapidité, et ce, dans toutes les classes sociales, et a provoqué une prolifération de haine qui, encore aujourd'hui ,   empoisonne l’Europe et le monde . »

L’ami de Montaigne, La Boétie, mort en 1563, posait déjà le problème dans son « Discours sur la Servitude volontaire » en soulignant qu’aucun tyran ne pourrait exercer le pouvoir sans de nombreux collaborateurs et la volonté de soumission du peuple. C’est donc non seulement la question de l’obéissance à Hitler mais aussi celle de l’adhésion du peuple allemand à l’idéologie raciste nazie qui est posée.     

     Ce débat  connut une nouvelle étape accompagnée de grands débats aux EU et en Allemagne à la suite de la parution du livre de David Goldhagen - sociologue de l’université américaine de Harvard, fils d’un survivant des camps – intitulé « Les Bourreaux volontaires de Hitler : Les allemands ordinaires et l’Holocauste » (traduit en 1997 en France aux éditions du Seuil). Il y affirmait que les Allemands étaient complices du programme raciste hitlérien et qu’ils avaient soutenu sa mise en œuvre.

     F Le problème de la « responsabilité collective » ne peut être limité au seul peuple allemand , il se pose par exemple aussi pour les Japonais face aux crimes des armées japonaises pendant la 2nde Guerre ; pour les Russes face aux crimes de Staline contre les minorités nationales non russes déplacées –« les peuples punis » - OU les Français face à la politique de Collaboration du gouvernement de Vichy.

         

  4°) La France confrontée à son passé collaborationniste :

   Pétain pour s’attirer les sympathies de Hitler ( mais aussi en accord avec les convictions antisémites d’une partie de la droite française depuis l’Affaire Dreyfus : le Vichy de Pétain est issu de la droite traditionnelle du type « Action Française », opposée aux acquis de la Révolution de 1789 et antisémite. Charles Maurras qualifia la défaite de « divine surprise »),  avant même que les nazis n’en aient exigé l’application et 3 semaines avant la rencontre de Montoire ,  le 3 octobre 1940 fut établi le 1er statut des juifs de France  - sur le modèle allemand il les exclut de tout poste dans l’administration, la presse et le cinéma, il introduit une distinction raciale dans le droit français en définissant comme juif toute personne ayant 3 ascendants juifs ). Le 4 octobre les préfets reçoivent le droit de les interner, la mention « juif » apparaît sur les cartes d’identité.    La Loi du 23 octobre 1940 décida le recensement des entreprises possédées par les juifs dans le département de la Seine. Cette attitude de l’administration de Vichy est une des plus lourdes responsabilités historiques du Régime de Vichy et de Pétain mise notamment en évidence lors du Procès Papon..

 

            

l Pierre Laval voulait une véritable alliance avec les nazis. Il arrangea, au retour de la rencontre Hitler- Franco à Hendaye au Pays Basque l’entrevue Pétain – Hitler de Montoire, près de la « ligne de démarcation », le 24 octobre 1940 (les exigences de Franco ont ruiné le projet de Hitler d’un front méditerranéen tenu par Mussolini, Franco et Pétain .Il n’attend plus rien de la rencontre avec Pétain). Pourtant, de cette rencontre sortit la politique de collaboration annoncée aux Français par le Mal Pétain dans son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940: «  dans l’honneur et pour maintenir l’unité française … dans le cadre d’une activité constructive du nouvel ordre européen, que  j’entre aujourd'hui dans la voie de  la collaboration. Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays , amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d’occupation ….  Cette politique est la mienne…. C’est moi seul que l’Histoire jugera…. »

 

 l  La politique antisémite se poursuit avec la création d’une administration antisémite le 29 mars 1941, c’est le  « Commissariat aux Questions Juives » dirigé par Louis Darquier de Pellepoix et chargé de faire appliquer la  législation antisémite de Vichy et d’organiser le dépouillement des juifs de leurs biens. Les premières arrestations massives intervinrent en mai. Le 2 juin 1941 le 2nd statut des juifs de France renforça les exclusions professionnelles (professions libérales et commerciales) et organisa le recensement des juifs de la Zone Libre, ce qui favorisa par la suite leurs arrestations. La Loi du 22 juillet 1941 entérinée par le Maréchal Pétain permit la saisie des « entreprises, biens et valeurs appartenant aux juifs » (entreprises, œuvres d’art, comptes en banque, actions, bijoux) en vue selon l’article 1 « d’éliminer toute influence juive dans l’économie nationale ».  330 000 juifs de France étaient ainsi visés par ce « processus d’aryanisation ». 

  ! Le 25 janvier 1997 Alain Juppé a annoncé la création d’une Commission d’experts et d’historiens (« la Mission Mattéoli ») chargée de faire l’inventaire des biens juifs encore détenus part les collectivités publiques françaises (musées par exemple) ou étrangères afin de permettre une indemnisation. Elle a rendu son rapport à Lionel Jospin le 17 avril 2000.                                            

   


Le 20 août 1941 fut ouvert le camp d’internement de Drancy puis de Pithiviers près d’Orléans sous le contrôle de la Gestapo mais gardé par des gendarmes français ! Le 27 mars 1942 partit le 1er convoi vers Auschwitz (il y en eut 77 jusqu’au 31 juillet 1944).

                La politique antisémite de Vichy s’intensifia alors avec le port obligatoire de « l’étoile jaune » en Zone Libre. A partir de l’été 1942 les rafles se multiplient comme  la fameuse « Rafle du Vélodrome d’Hiver »  - le Vel d’Hiv’.- où furent parqués 13 152 juifs (dont 4 115 enfants) arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 à Paris.

 « Pour défendre la souveraineté française » face aux exigences allemandes, la haute administration française du régime de Vichy, sous l’autorité du Mal Pétain chef de l’Etat français et du président du Conseil Pierre Laval, se chargea entre 1940 et 1944 de toute une série d’opérations de police et notamment de l’arrestation des juifs qui étaient regroupés dans divers camps comme ceux de Drancy, de Pérignon ou Pithiviers près d’Orléans avant d’être déportés en Allemagne.

Camp de Pérignon

Camp de Pithiviers








L’administration de Vichy anticipa même les exigences allemandes

 

     l  Cependant la création par la Résistance en septembre 1942 du N.A.P. – «  Noyautage des Administrations Publiques » - permit à beaucoup de fonctionnaires de jouer dès 1943 un « double jeu » avec la Résistance et d’échapper ainsi aux procès et aux condamnations lors de l’Epuration de 1944 à 1949.


Après guerre afin de  rétablir le consensus national et faciliter la reconstruction du pays aucune condamnation des agissements de l’administration française sous Vichy ne fut établie
et n’eut même plus après « l’Occupation de la Zone libre » en novembre 1942 l’excuse de vouloir maintenir la fiction d’un Etat français souverain.

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data analysis in research methodology 09/10/2014 17:35

Toutes les guerres commencent par une sorte de programme politique! Tout de même, ce phénomène inexpliqué, mais néanmoins partie du plan!

supplemental application 30/09/2014 13:10

La loi islamique couvre tous les aspects de la vie, de questions d'État, comme la gouvernance et des relations extérieures, aux questions de la vie quotidienne. Le Coran définit hodûd que les peines pour les cinq crimes spécifiques: rapports sexuels illicites, fausse accusation de rapports sexuels illicites, la consommation d'alcool, le vol et le brigandage....

joel paitry 03/02/2011 10:52


bonjour
a propos du livre de browning dans son dernier chapitre il évoque le respect de la hiérarchie et le phénomène de groupe comme moteur de la participation aux tueries
hommes ordinaires car ils étaient le reflet de la société allemande et plus largement des fondements de l'humanité


Aschkel 09/08/2009 12:48

Trés beau et bon travail de fond
Merci