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Blog géopolitique de D. Giacobi

POUR REPONDRE AUX NEGATIONNISTES (9) : LE SOUTIEN DE DIEUDONNE AU NEGATIONNISTE FAURISSON

UNE NOUVELLE AFFAIRE NEGATIONNISTE :

L’HUMORISTE DIEUDONNE OUVRE SON SPECTACLE A ROBERT FAURISSON

      Les faits : Vendredi 26 décembre 2008, sur la scène du Zénith de Paris, devant 5 000 spectateurs, juste avant la fin du spectacle J'ai fait le con, l'humoriste Dieudonné, 42 ans, a fait monter sur scène, embrassé et remis au négationniste Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour contestation de crime contre l'humanité, "un prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Dans une vidéo en ligne qui montre intégralement la scène Dieudonné déclenche une ovation en l'honneur et  un de ses techniciens, costumé en déporté juif, une étoile jaune sur la poitrine, remet le trophée au vieil homme, qui n'en revient pas: «Vos applaudissements vont retentir assez loin. Votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi», ironise Dieudonné. «Je n'ai pas du tout l'habitude de cet accueil. Je suis supposé être un gangster de l'histoire. Tu nous dis «J'ai fait le con». C'est sûr, mais ce soir tu es vraiment en train de faire le con!», lui répond Robert Faurisson. «C'est même la plus grosse connerie que j'ai faite mais la vie est trop courte. Déconnons et désobéissons le plus vite possible!», répond l'humoriste.

      Dans les travées du Zénith : Jean-Marie Le Pen, accompagné de son épouse Jany et de sa fille Marie-Caroline, ainsi que Patrick Bourson, l'associé du leader frontiste dans une affaire de champagne. Un peu plus loin: l'essayiste Alain de Benoist, Dominique Joly, un conseiller régional FN élu sur la liste de Marine Le Pen. "Il y avait aussi des gens d'extrême gauche", tente de rééquilibrer l'humoriste, qui toutefois refuse de donner des noms: "Je ne veux gêner personne." La militante propalestinienne Ginette Skandrani confirme sa présence, non loin du leader radical noir Kémi Seba, dont le mouvement Tribu Ka a été dissous en 2006 par le ministère de l'Intérieur.

   

 

    

     ‚  Les antécédents de l’affaire :  Depuis plus de trente ans, Robert Faurisson alimente la chronique judiciaire en niant l'existence de l'Holocauste. En 2007 encore, la justice l'a débouté: il avait attaqué pour diffamation Robert Badinter qui l'avait qualifié de "faussaire de l'histoire". Durant l'audience M. Faurisson avait réaffirmé que " les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique". Il avait été débouté et condamné à verser 5 000 euros à M. Badinter, au titre des frais de justice. Malgré les condamnations en série, l'ancien professeur de littérature à l'université de Lyon, qui aura 80 ans dans un mois, persiste: pour lui, la Shoah n'a pas eu lieu. Un "détail" que l'humoriste fait mine d'ignorer: "Je ne suis pas d'accord avec toutes ses thèses, explique-t-il au JDD. Il nie par exemple la traite des esclaves organisée depuis l'île de Gorée, au large de Dakar. Mais pour moi, c'est la liberté d'expression qui compte." Et de résumer sa prestation à "une performance humoristique, de l'art contemporain".

Dieudonné M'Bala M'Bala a été condamné en juin 2008 en dernière instance à 7.000 euros d'amende pour ses propos sur la mémoire de la Shoah tenus à Alger en 2005 et qui avaient provoqué un tollé en France. On remarque qu'un seul fil rouge accompagne toutes les sorties polémiques de l'"humoriste" depuis maintenant plusieurs années : les Juifs. Il avait parlé de "pornographie mémorielle" pour évoquer la Shoah, il s'est rapproché de Kemi Sabah, a développé une amitié avec les Le  Pen. Personne ne l'aurait imaginé en telle compagnie, en 1997, lorsque l'humoriste a fait son entrée en politique. A l'époque, il se présente aux élections législatives en Eure-et-Loire pour tenter de battre la frontiste Marie-France Stirbois. A ce moment-là, le Front national était pour lui "un cancer".

     En 2003, il fait scandale en assimilant le judaïsme à une secte et en apparaissant dans l'émission de Marc-Olivier Fogiel On ne peut pas plaire à tout le monde grimé en colon juif ultraorthodoxe singeant un ambigu salut nazi aux cris de «IsraHeil !». Peu de temps après, en février 2004, dans les colonnes du JDD, il associait les juifs à des "négriers" qui auraient "fondé des fortunes sur la traite des Noirs". Des propos qui lui ont valu des poursuites pour provocation à la haine raciale. Quelques jours après cette sortie, la direction de l'Olympia annule son spectacle. Elle affirme ne pas être en mesure d'assurer sa sécurité: le théâtre a reçu plusieurs menaces d'attentat. Dieudonné s'est alors retranché dans sa salle de la Main d'or, où il a continué à produire ses propres spectacles. Puis il a discrètement repris ses tournées à travers la France, assurant épisodiquement sa publicité par ses coups d'éclat. Mais le comique assume son art de la provocation : «Les journalistes ne viennent plus voir mes spectacles. Ils ne réagissent que lorsque je fais scandale», a-t-il confié au JDD. Dernier en date: le vrai-faux baptême de sa fille Plume. "J'ai raconté que Le Pen était le parrain de ma fille; ce n'est pas vrai mais l'audience que cette information m'a donnée m'aurait coûté plusieurs millions de publicité sur TF1 ou France 2", a-t-il confié à ses amis. Cynique, il explique : "Les journalistes ne viennent plus voir mes spectacles, ils ne réagissent que lorsque je fais scandale." Alors il en rajoute, se pose en victime pour mieux attaquer. Flirtant toujours plus près avec les extrêmes.

    ƒ  Les réactions : La frasque de Faurisson a «consterné» la ministre de la culture :  «Cette provocation heurte et blesse à nouveau les mémoires», déplore Christine Albanel. Pour l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) Dieudonné est le «nouveau leader de l'extrême droite». «Assister à un spectacle de Dieudonné, c'est participer à un meeting d'extrême-droite», déplore l'organisation. L’enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), aura pour objet de déterminer si les délits de contestation de crime contre l’humanité commis au cours de la Seconde Guerre mondiale ou d’injures antisémites ont été perpétrés à cette occasion.  Depuis début janvier 2009 les réactions, entre stupéfaction et dégoût, se multiplient, ouvrant de nombreuses questions sur les limites qu’impose le style comique de Dieudonné déjà condamné à plusieurs reprises à cet effet. « Nous avons appelé le parquet afin de lui demander d’engager des poursuites, précisait hier le secrétaire général de la Licra (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), Richard Serero. Nous sommes satisfaits de l’ouverture de cette enquête. » Le représentant de la Licra ne cache pas moins son émotion après avoir visionné sur Internet la séquence incriminée. « Cela donne envie de vomir ». La ville de Montpellier où « J’ai fait l’con » était programmé en février, a décidé l’annulation du spectacle.

 


Revue de presse :

http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200852/dieudonne-derape-encore_175242.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20081228.OBS7411/un_negationniste_gueststar_de_dieudonne_au_zenith.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17

http://lemonde.fr/societe/article/2008/12/28/l-humoriste-dieudonne-derape-une-nouvelle-fois_1135912_3224.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/12/28/01016-20081228ARTFIG00088-nouvelle-provocation-de-dieudonne-.php

http://www.francesoir.fr/faits-divers/2008/12/31/enquete-dieudonne-le-sketch-de-trop.html

§ Dans l’Express du 27 octobre 2009 :

http://www.lexpress.fr/actualites/2/dieudonne-condamne-a-une-amende-pour-injures-antisemites_824394.html

 

L ‘Association SOS Racisme, une des partie civiles,  rapporte dans un communiqué que Dieudonné M'Bala M'Bala a été  jugé pour ses propos tenus lors du spectacle de 2008 au cours duquel il avait fait remettre à l'historien révisionniste Robert Faurisson le "prix de l'insolence et de l'infréquentabilité" par un individu déguisé en déporté juif. Le tribunal a considéré que certains propos relevaient de l'"injure publique envers des personnes de confession ou d'origine juive",.

L'association dit saluer la décision rendue "et la lourde amende - 10.000 euros - s'expliquant par la récidive de Dieudonné M'Bala M'Bala en la matière."

Plusieurs fois relaxé, Dieudonné a néanmoins été condamné en 2007 à 7.000 euros d'amende pour diffamation publique à caractère racial, sanction confirmée à en appel en 2008.

Il a tenté sans succès de se faire élire au Parlement européen lors des élections de juin dernier. En mai, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, avait évoqué une éventuelle interdiction de sa liste "antisioniste", accusant Dieudonné de faire "profession de foi exclusive d'antisémitisme".

Tout en se défendant d'antisémitisme, Dieudonné s'en est souvent pris à des personnalités juives comme Edouard de Rothschild, président du conseil de surveillance du journal Libération, ou le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et ancien ministre, Dominique Strauss-Kahn.



En conclusion : L’historien de l’antisémitisme Léon Poliakov  affirmait en 1978 :

« Je le répète, il y a bien toujours " un cadavre dans le placard ". En Europe, seuls les Pays Bas et le Danemark sont innocents de tout antisémitisme … Certaines réactions sont d’autant plus vives que l’on constate dans les nouvelles générations une sorte de scepticisme à l’égard de ce que racontent leurs aînés. Le goût de la contestation rend les jeunes plus facilement accessibles à des interrogations et à des doutes. »

On pourrait pour conclure reprendre le formule de George  Santayana : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le revivre »  et insister sur le devoir de mémoire que nous avons tous à remplir.  

 

 

 

 

Ces faits témoignent de l'urgence qu'il y a à affirmer pleinement et précisément la vérité historique. Face à ceux que  l'historien Pierre Vidal-Naquet appelle les « assassins de la mémoire » il fait «l'anatomie d'un mensonge». Les attentats antisémites des années 1980 (rue Copernic, rue des Rosiers, à Paris) comme la multiplication des actes antisémites  montrent la nécessité d'engager un travail de mémoire et d'histoire. En France, la parole des survivants se libère d'autant plus qu'ils se sentent investis d'une responsabilité face au négationnisme .


Le 30 juin 1990, la loi Gayssot
qualifie de délit et réprime par une sanction pénale toute «négation des crimes contre l'humanité ». Un décret de 1993 fait de la date du 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv’, une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite « gouvernement de l'État français (1940-1944) ».

 La mission Mattéoli en 1997, est chargée de mettre à jour la spoliation financière organisée par l’Etat français et dont les Juifs de France ont été victimes, et  d'indemniser les familles.

La Fondation pour la Mémoire de la Shoah, présidée par Simone Veil, est créée en 2000.

 

 

Livraison du mémorial de l'Holocauste à Berlin


       La cérémonie de clôture des travaux du gros oeuvre du Mémorial de l'Holocauste à Berlin a été célébrée le 12 juillet 2004 présence du président de la chambre des députés allemands, Wolfgang Thierse, et de l'architecte américain du monument, Peter Eisenman.

"Ce ne doit pas être un simple monument, mais une invitation à discuter et à réfléchir", a estimé M. Thierse, dans le centre d'information souterrain de 1.500 m2 baptisé "Lieu du souvenir" du Mémorial.

Sur un ancien no-man's land de deux hectares, où se trouvait avant le mur qui séparait l'est de l'ouest de la ville, environ la moitié des 2.751 stèles en béton gris qui composent le Mémorial ont été érigées après 15 mois de travaux.
Baptisé "Village du silence", le mémorial rassemble des stèles grises  larges de 2,38 mètres et de hauteur variable, comprises entre 0,2 et 4,8 mètres, qui évoquent un cimetière sur près de 20.000 mètres carrés.

Selon M. Thierse, le Mémorial devrait ouvrir en mai 2005 et coûter au total environ 27 millions € , conformément au calendrier et au devis prévus. Il devrait être inauguré le 9 mai 2005, 60 ans et un jour après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L'architecte juif américain, Peter Eisenman, a déclaré que pour ce projet il s'agissait "avant tout d'être là". "C'est important non seulement pour le peuple allemand, mais pour le monde entier" , a-t-il ajouté.

Coiffé d'un casque blanc et revêtu de la veste noire traditionnelle,  le contremaître du chantier a appelé "à la paix et à la tranquillité de ce bâtiment", puis conformément au rituel allemand pour cette cérémonie, il a bu deux gorgées d'un verre de vin rouge qu'il a ensuite brisé en le jetant par terre.

Le Bundestag (chambre basse du parlement allemand) avait voté en juin 1999, après dix ans de polémique, la construction du Mémorial dédié aux seules victimes juives du nazisme. Les députés avaient à l'époque repoussé une motion suggérant un monument à la mémoire de toutes les victimes du régime hitlérien, c'est-à-dire aussi les Tziganes, les homosexuels, les malades mentaux, les opposants politiques ou les religieux...

© 13 juillet 2004 Agence France-Presse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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