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Blog géopolitique de D. Giacobi

DEBATS SUR LA COLONISATION : HIER ET AUJOURD’HUI

DEBATS SUR LA COLONISATION : HIER ET AUJOURD’HUI

 

L'impérialisme français : Civilisation et revanche

Colo-frse-couverture-cahier-sco-1900.jpg"La connaissance de notre histoire et de nos aptitudes nationales démontre jusqu'à l'évidence que la France a reçu le mandat de révolutionner le monde."Dr Bodichon, Etudes sur l'Algérie et l'Afrique

× Couverture de cahier d'écolier vers 1900
"Un pays comme la France quand il pose le pied sur une terre étrangère et barbare, doit-il se proposer exclusivement pour but l'extension de son commerce et se contenter de ce mobile unique, l'appât du gain ? Cette nation généreuse dont l'opinion régit l'Europe civilisée et dont les idées ont conquis les monde, a reçu de la Providence une plus haute mission, celle de l'émancipation, de l'appel à la lumière et à la liberté des races et des peuples encore esclaves de l'ignorance et du despotisme. Eteindra-t-elle en ses mains le flambeau de la civilisation vis-à-vis des ténèbres profondes de l'Annam ?" Francis Garnier, futur conquérant du Tonkin, La Cochinchine française en 1864 , E. Dentu éd., 1864, pp. 44-45.

‘40 millions de Français concentrés sur notre territoire ne sont guère suffisants pour faire équilibre aux 51 millions d'Allemands que la Prusse réunira peut-être sur notre frontière, et à la population croissante de la Russie dans un avenir un peu plus éloigné; (...) nous avons encore cette chance suprême, et cette chance s'appelle d'un nom qui devrait être plus populaire en France, l'Algérie. (...) Puisse-t-il venir bientôt ce jour où nos concitoyens, à l'étroit dans notre France africaine, déborderont sur le Maroc et la Tunisie, et fonderont enfin cet empire méditerranéen qui ne sera pas seulement une satisfaction pour notre orgueil, mais sera certainement, dans l'état futur du monde, la dernière ressource de notre grandeur !"

L. Prévost-Paradol, journaliste libéral, La France nouvelle , 1868.

( Passages cités par Jacques Bouillon et coll., Le XIXe siècle et ses racines , histoire/seconde, Bordas, Paris, 1981, p. 353)

 

l UN DÉBAT SUR LA POLITIQUE COLONIALE (28 juillet 1885)

L'expansion coloniale, à laquelle reste attaché le nom de Jules Ferry, donna lieu à de nombreux et BIOG--PORTRAIT-Jules-Ferry.jpgsouvent violents débats au Parlement. Un des plus célèbres eut lieu le 30 mars 1885 ; au cours de ce dernier Clemenceau, dont le 1885-Prise-lang_son.jpgdiscours a été maintes fois reproduit, alla jusqu'à accuser Ferry de haute trahison, à la suite de l'échec militaire de Lang Son × au Tonkin. Le ministère de Ferry fut alors renversé, mais son successeur, le radical Brisson, dut continuer la même politique et, en juillet, fut dans l'obligation de demander des crédits pour intervenir à Madagascar. Au cours de la discussion à la Chambre des députés, partisans et ennemis de l'expansion présentèrent une fois de plus leurs arguments.

 

A) Plaidoyer de Jules Ferry. Journal Officiel 1885. Débats parlementaires du 28 juillet 1885 : Chambre des députés, Extraits. (1)

On peut rattacher le système [ d'expansion coloniale] à trois ordres d'idées : à des idées économiques, à des idées de civilisation..., à des idées d'ordre politique et patriotique...

Ce qui manque à notre grande industrie, que les traités de 1860 ont irrévocablement dirigée dans la voie de l'exportation, ce qui lui manque de plus en plus, ce sont les débouchés... La concurrence, la loi de l'offre et de la demande, la liberté des échanges, l'influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. C'est là un problème extrêmement grave. Il est si grave... que les gens les moins avisés sont condamnés à déjà entrevoir, à prévoir et à se pourvoir pour l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud, qui nous appartenait de temps en quelque sorte immémorial, nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il n'y a rien de plus sérieux, il n'y a pas de problème social plus grave; or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale... Il faut chercher des débouchés... (Au milieu de violentes interruptions Jules Ferry précise sa pensée.)

  colo-Algerie-frse.jpg  Il y a un second point que je dois aborder... : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question... Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ²…

  Ces devoirs ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. Mais de nos jours je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. (Mission médicale contre la maladie du sommeil au Congo Úen 1907 - pho Vollet Le Duc -  L'Illustration ; Afrique 1906  Ú: Notez dans les deux cas la mise en scène réalisée par le photographe montrant le colon apportant civilisation et réconfort.   )  1907-CONGO-f-Miss-mala-sommeil-PhRoger-V Afr_civilisee_1906.jpg

 


   








(Après avoir parlé, toujours au milieu
d'interruptions, de la lutte contre l'esclavage, Jules Ferry aborde un 3ème point.)

Il n'y a pas de compensation... pour les désastres que nous avons subis... [Mais] est-ce que le recueillement qui s'impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication? Et parce qu'une politique détestable, visionnaire et aveugle a jeté la France où vous savez, est-ce que les gouvernements qui ont hérité de cette situation malheureuse se condamneront à ne plus avoir aucune politique européenne ³ ? Est-ce que, absorbés par la contemplation de cette blessure qui saignera toujours, ils laisseront tout faire autour d'eux, est-ce qu'ils laisseront aller les choses, est-ce qu'ils laisseront d'autres que nous s'établir en Tunisie, d'autres que nous faire la police à l'embouchure du fleuve Rouge... Est-ce qu'ils laisseront d'autres se disputer les régions de l'Afrique équatoriale? Laisseront-ils aussi régler par d'autres les affaires égyptiennes qui, par tant de côtés, sont des affaires vraiment françaises?

Je sais que cette théorie existe, je sais qu'elle est professée par des esprits sincères, qui considèrent que la France ne doit avoir désormais qu'une politique exclusivement continentale. Alors je leur demande d'aller jusqu'au bout de leur théorie... Si nous ne devons plus être qu'une puissance continentale, restreignons notre puissance maritime, couvrons nos côtes et nos ports de torpilleurs, mais licencions nos escadres, car nous n'aurons plus que faire de nos croiseurs et de nos cuirassés.

 

Mais si personne n'ouvre cet avis, si personne n'accepte cette conséquence logique des prémices posées, alors cessez de calomnier la politique coloniale et d'en médire, car c'est aussi pour notre marine que les colonies sont faites... Je dis que la politique coloniale de la France, que la politique d'expansion Frs_Madagascar-1897-b.jpgcoloniale, celle qui nous a fait aller, sous l'Empire, à Saïgon, en Cochinchine, celle qui nous a conduits en Tunisie, celle qui nous a amenés à Madagascar (document de 1897Ø ), je dis que cette politique d'expansion coloniale s'est inspirée d'une vérité sur laquelle il faut pourtant appeler un instant votre attention : à savoir qu'une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d'abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement... Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième et au quatrième...


1. Voir Textes historiques. Le milieu du XIX» siècle, texte n° 40, p. 85.

2. Le 21 décembre 1885, Mgr Freppel, évêque d'Angers et député catholique du Finistère, appuya la politique de J. Ferry, notamment pour son aspect civilisateur : « Est-ce que la France, cet apôtre du droit, de la justice, du progrès, de la vérité, n'est pas tenue d'initier à ces grandes choses, non pas les peuples de race intfrieure — Il n'y a pas de race inférieure — mais de culture inférieure. »

3. Dans un ouvrage publié en 1890, Le Tonkin et la mère-patrie. Ferry écrira « Au nom d'un chauvinisme exalté, mais à courtes vues, devions-nous acculer la politique dans une impasse et, les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges, laisser tout se faire, tout s'engager, tout se résoudre sans nous autour de nous? » et, plus loin, il ajoutait ; « Je revendique hautement le titre de Tonkinois, dont les méchants et les sots croient me faire outrage. »      …/…

 

 La notion de races inférieures a à l'époque pignon sur rue, dans le grand travail de classement des espèces entamé par Buffon au 18ème siècle, l'espèce humaine a tout naturellement sa place. Cette classification humaine fait partie des savoirs de base inculqués aux écoliers, aux lycéens, aux étudiants et à tous les gens cultivés. Cela conduira à des présentations "en chair et en os", véritables "zoos humains" :

l Histoire de la Vénus hottentote :

http://hgsavinagiac.over-blog.com/article-31303472.html

 l Histoire des « zoos humains » en Europe et en France :

http://hgsavinagiac.over-blog.com/article-31495623.html

Voilà deux documentsÚ extraits d’ouvrages scientifiques et scolaires officiels au 19ème  Siècle:

 RAC--4-races-tour-de-Fr-par-2-enfts.jpg

 RAC-3--races-Museum-Hist-nat-Df-Larousse


B) Réponse de Georges Clemenceau (peint par Manet Ú : Clemenceau et la colonisation

Journal Officiel 1885. Débats parlementaires du 31 juillet 1885 : Chambre des députés, Extraits.

« Races supérieures, races supérieures, c'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabatsClemenceauphoto-jeune.jpg singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou race inférieures. [...]

ManetGeorgesClemenceau.jpgC'est en augmentant incessamment les charges du budget que vous prétendez vous ouvrir des débouchés, alors qu'il y a d'autres nations à côté de nous qui, n'ayant pas fait la dépense de ces expéditions coloniales, entrent en lutte avec nous sur le terrain même que nous avons choisi. Comme elles ont des budgets qui ne sont pas grevés des frais de ces expéditions, elles nous font une concurrence redoutable et nous enlèvent le commerce jusque dans nos propres marchés. Nous faisons la police pour elles et nous montons la garde pour qu'elles puissent commercer en toute sécurité et gagner de l'argent à nos dépens. Lors donc que, pour vous créer des débouchés, vous allez guerroyer au bout du monde, lorsque vous dépensez des centaines de millions, lorsque vous faites tuer des milliers de Français pour ce résultat, vous allez directement contre votre but : autant d'hommes tués, autant de millions dépensés, autant de charges nouvelles pour le travail, autant de débouchés qui se ferment. »


l Les caricaturistes de tendance contestataire et anarchiste ne se sont pas privés à l'époque de dénoncer "le côté  obscur de la colonisation" que ce soit sur le plan des relations internationales que sur celui des méthodes des colonisateurs:  

Caricature allemande Ú au moment de la conférence de Berlin : L'Afrique sauvage 1885. Légende : "Pauvre nègre il passe des mains de l'esclavage à celles de la civilisation "Le personnage de gauche est un Anglais, celui de droite un Portugais.
Note : l'esclavage est resté très actif dans les colonies portugaises. Au Brésil il ne fut aboli qu'en 1882.

Colo_allde_Wild-Afrika.jpg1885-Congr-s-de-Berlin-caricature-frse.j

















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l
 L’évolution des positions sur la colonisation du dirigeant socialiste Jean Jaurès : Jaurès a vécu la période de la colonisation : une prise de conscience progressive le conduit de l’approbationJean_jaures-jeune.jpg enjouée au rejet réfléchi et catégorique, l’évolution est marquante :

 Jeune homme, Jaurès est un professeur républicain, admirateur de Jules Ferry, l’homme des lois scolaires, mais aussi des conquêtes coloniales. Jaurès compte de nombreux militaires dans sa famille. Certains ont participé à la conquête de l’Algérie. Gloires et protecteurs de la famille, les amiraux Constant et Benjamin Jaurès sont allés guerroyer en Cochinchine, dans l’Annam et en Chine. Le jeune Jaurès loue donc tout comme un autre la mission civilisatrice de la France : « ces peuples sont des enfants » dont il faut se faire aimer en assurant l’ordre et en construisant des écoles, explique-t-il aux électeurs du Tarn lorsqu’il prépare son élection comme député en 1885.

         " ...Quand nous prenons possession d'un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu'on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté. Nous pouvons dire à ces peuples, sans les tromper, que jamais nous n'avons fait de mal à leurs frères volontairement : que les premiers nous avons étendu aux hommes de couleur la liberté des Blancs, et aboli l'esclavage [...]; que là enfin où la France est établie, on l'aime, que là où elle n'a fait que passer, on la regrette; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante; que là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs  restent attachés. "" ... L'Alliance a bien raison de songer avant tout à la diffusion de notre langue : nos colonies ne seront françaises d'intelligence et de cœur que quand elle comprendront un peu le français. (...) Pour la France surtout, la langue est l'instrument nécessaire de la colonisation. (...) Il faut que les écoles françaises multipliées, où nous appellerons l'indigène, viennent au secours des colons français, dans leur œuvre difficile de conquête morale et d'assimilation. (...)

          Sur un million de Kabyles et d'Arabes, un centième à peine est passé dans nos écoles qui sont trop rares ; le reste nous ignore tout à fait et n'est français que par la conquête. Or quelle doit être notre ambition ? Que les Arabes et les kabyles, commandés par des officiers français, servent à la garde et à la police de l'Algérie, de telle sorte qu'une bonne partie de l'armée d'Afrique puisse en cas de péril aller à une autre frontière : qu'ils entrent peu à peu dans nos mœurs politiques et participent à l'administration de rares affaires, enfin qu'ils deviennent le plus possible des producteurs. Mais si nous n'enseignons pas le français aux plus intelligents d'entre eux, comment pourrons-nous les subordonner à nos officiers (...) ? "

Discours pour l'Alliance française, Albi, 1884 (Cité par Raoul Girardet : Le nationalisme français, , Ed. Seuil, 1983)

  Il apprit vite, à l’Assemblée Nationale,  que le monde n’est pas si simple.

Dans un article de Jaurès, paru en 1896 dans La petite République, les peuples colonisés sont condamnés à la passivité. L'amélioration de leur sort dépend entièrement des socialistes des pays colonisateurs, qui par ailleurs se donnent pour tâche de préserver, par l'entente, les intérêts économiques de leurs pays respectifs. L'intérêt des populations dominées  est seulement de subir le traitement "le plus humain".

          satue_Jean_Jaures_Suresnes.jpg  « La première règle pratique, c'est de veiller constamment à ce que les compétitions coloniales des divers peuples ne puissent jamais aboutir entre eux à la guerre. Il faudra pour cela que les socialistes aient le courage, chacun dans sa nation, de blâmer les prétentions excessives. Les socialistes n'y pourront réussir et ne pourront même s'y employer sérieusement qu'en suivant de très près, et pour ainsi dire au jour le jour, le mouvement colonial.

            La deuxième règle, pour les socialistes de tous les pays, sera de demander pour les peuples vaincus ou les races soumises de l'Asie, de l'Amérique, de l'Afrique le traitement le plus humain, le maximum de garanties. Qu'il s'agisse des Hindous dominés par l'Angleterre, des Arabes dominés par la France ou des races africaines que se disputent et se partagent tous les peuples de l'Europe, c'est le devoir des socialistes de prendre, dans le Parlement de chaque pays, l'initiative des propositions humaines ou des protestations nécessaires. Cette action socialiste se produira, en chaque pays, avec d'autant plus de force et d'autorité qu'elle sera universelle et universellement probe, et que nul ne pourra y soupçonner un piège.

             Enfin, il me semble que les socialistes devraient avoir comme troisième règle de marquer de plus en plus d'un caractère international les principales forces économiques que se disputent avidement les peuples. Il est 1898-Fachoda.jpgvisible par exemple, à l'heure actuelle, que tous les peuples européens cheminent vers les sources du Nil, (tensions franco-anglaises pour le contrôles des sources du Nil à Fachoda dont le contrôle est pris par les AnglaisØ )parce que la possession du haut Nil et des grands lacs africains donne la maîtrise de l'Egypte et de tout le développement africain : c'est là le secret de tous les efforts, publics ou cachés, de toutes les combinaisons, loyales ou perfides, des peuples européens en Afrique, depuis dix ans surtout; et il est possible que ces rivalités, en s'exaspérant, aboutissent à la guerre. Pourquoi un système de garanties internationales n'assurerait-il pas le libre passage du Nil, de la source à la mer, à toutes les activités, comme on a fait déjà pour le Danube et pour le canal de Suez ?" »

 

                     En voyage en Algérie en 1895 il  découvre que les tensions sont lourdes. Les colons, les juifs devenus citoyens français par le décret Crémieux en 1870, la masse de la population arabe, musulmane, appauvrie par les conséquences de la conquête et les spoliations, s’affrontent sourdement. Dans l'article "La question juive en Algérie" du 1er mai 1895, publié dans La Dépêche, grand quotidien de gauche de Toulouse, Jean Jaurès donne son opinion sur les Juifs. Depuis 1892, Jaurès voit dans l'antisémitisme un "véritable esprit révolutionnaire". L'antisémitisme économique populaire qui se double d'un anticapitalisme, était regardé certains socialistes historiques français (Fourier, Proudhon, Lafargue, Rochefort) comme un mouvement sympathique, propre à ébranler le grand Capital.

 « Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c'est que, par l'usure, par l'infatigable activité commerciale et par l'abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . (...) En France, l'influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s'exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l'argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n'ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d'un point, la double force de l'argent et du nombre. »

(cité par Michel Winock, La France et les Juifs, Ed. Seuil, 2004)

            « Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu'elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d'extorsion. »

( Discours de J. Jaurès au Tivoli en 1898 ; cité par B. Poignant, Ouest-France 13 décembre 2005 )

     

   Pho-Jean--jaures.jpg  Pour Jaurès, comme il l’écrit le 4 mai 1911 dans L’Humanité « il est temps que partout les indigènes soient protégés » et bénéficient « d’énergiques mesures de réparation », car « en Tunisie, comme en Algérie, comme au Congo, comme au Maroc, c’est en les pillant que des milliers d’aventuriers s’enrichissent ».

    Jaurès s’oppose alors à la conquête du Maroc au début du XXe siècle, elle suit celles de l’Algérie et de la Tunisie. Cela lui vaut les pires haines car lors de cette conquête l’Allemagne s’interpose (visite de Guillaume II à Tanger en 1905, coup d’Agadir en 1911). Ainsi Jaurès semble s’en prendre d’une part à une action qui se proclame pleine de bonnes intentions de la part de gouvernements républicains, de gauche le plus souvent (le radical Clemenceau, ancien anticolonialiste ;les socialistes Briand ou Viviani) et d’autre part il contrecarre l’action face à notre ennemi traditionnel, l’Allemagne du Kaiser Guillaume. Ses articles, ses discours à la Chambre ou en réunions publiques, se comptent par dizaines. Il est interrompu, insulté, caricaturé, promis à la mort par tous les patriotes, de droite… mais aussi de gauche.

          Isolé, Jaurès s’est élevé au-dessus de la plus grande part de la classe politique par sa générosité et sa capacité d’imagination. Le normalien, le professeur épris d’humanités et de culture classique, pressent, découvre la grandeur des civilisations non COLO-La-colo-du-Maroc-1911-MARIANNE.jpgeuropéennes. Non, les Marocains qui se défendent ne sont pas des fanatiques. Ils défendent la liberté de leur civilisation, qui a ses mérites, même si, comme les autres, elle doit savoir s’ouvrir et évoluer. C’est à ce moment que Jaurès renoue avec la plus haute tradition de l’humanisme et des lumières, de Montaigne à Diderot, qui sait voir la valeur des autres possibles. Il est isolé quand il se prononce à la Chambre contre le traité de protectorat sur le Maroc Ø  (12 juin 1912), au nom aussi de la civilisation marocaine, « civilisation à la fois antique et moderne », qui a « sa tradition et sa fierté », civilisation « souple, variée », qui a su à la fois exprimer « le plus haut degré de génie philosophique » et rayonner jusqu’au cœur de l’Afrique. Jaurès a ainsi découvert ce que Madeleine Rebérioux (1920-2005), sa grande historienne, elle-même militante anticolonialiste, appelait « le pluralisme culturel ».

          L’hostilité socialiste à la conquête coloniale, affirmée régulièrement aux congrès, allait de soi et rejoignait l’opposition traditionnelle des radicaux à ces expéditions. Mais que faire des empires coloniaux acquis ? De même que se développait un Radicalisme d’affaires et de colonies, de même certains socialistes se laissent aller à rêver de projets de coopératives ou d’expériences socialistes…. Ainsi, l’Internationale socialiste à Stuttgart condamne fermement en 1907 le principe même du colonialisme, mais derrière ce rappel solennel, la lecture des débats fait apparaître la montée de courants favorables à l’acceptation, du système colonial, souvent sous couvert d’amélioration.

          Jaurès indique par moments l’inclinaison de sa pensée, mais il manque de temps pour la préciser et la définir au fond alors qu’il est accaparé par mille autres questions. Sans doute d’ailleurs, sa réflexion restait encore partiellement en suspens au moment de sa mort prématurée (rappelons qu’il n’était âgé que de cinquante-quatre ans en 1914). En tout cas, il a pris conscience de l’enchaînement des responsabilités. Non seulement, la politique coloniale de la France est condamnable en soi, mais en outre, elle participe pleinement à la montée des nationalismes, des antagonismes, des haines et des rivalités qui conduit à la catastrophe. Il le dit explicitement dans son émouvant et presque ultime discours, prononcé à Vaise (Lyon) le 25 juillet 1914 : « l’Europe se débat comme dans un cauchemar ».Jaurès n’a pas été le seul anticolonialiste de son temps. Clemenceau a des formules plus acérées (Le Grand Pan, 1896). Hervé, dans La Guerre sociale, Vigné d’Octon, mènent de vigoureuses campagnes. Mais Jaurès se distingue par la rigueur de sa réflexion. Son opposition au colonialisme émerge, s’affirme, s’affine, se base sur une argumentation renouvelée et s’approfondit.  Jaurès est le seul grand politique du temps non seulement à avoir compris que les problèmes doivent être posés au niveau de l’humanité, mais aussi que la paix est nécessaire par elle-même pour régler ces problèmes, a avoir récusé la violence dans les relations internationales. C’est le sens de tout son combat au sein de l’Internationale socialiste après 1905 pour lutter contre le danger de guerre et son appel pressant pour que le prolétariat socialiste forme un « centre organisé et clair de volonté pacifique », une « force de paix organisée, vigilante » afin de « sauver la civilisation ».

D’après « Jean Jaurès Les chemins de l’anticolonialisme » par Gilles Candar,

Professeur d’histoire au lycée Gabriel Guist’hau (Nantes). Président de la Société d’études jaurésiennes.

http://www.irnc.org/ANV/DerniersNumeros/Extraits/140.htm

Ressources à propos de Jaurès sur le Net : http://clioweb.free.fr/jaures/jaures.htm

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l A propos du déclin européen pressenti par Jean Jaurès :

http://hypo.ge.ch/www/cliotexte//html/declin.europe.html

 

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

"Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l'épaisseur de l'histoire, les fantômes d'immenses navires qui furent chargés de richesse et d'esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n'étaient pas notre affaire. Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l'abîme de l'histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie. Les circonstances qui enverraient les oeuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les oeuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux. (...)

Je n'en citerai qu'un exemple : les grandes vertus des peuples allemands ont engendré plus de maux que l'oisiveté jamais n'a créé de vices. Nous avons vu, de nos yeux vu, le travail consciencieux, l'instruction la plus solide, la discipline et l'application les plus sérieuses, adaptés à d'épouvantables desseins. Tant d'horreurs n'auraient pas été possibles sans tant de vertus. Il a fallu, sans doute, beaucoup de science pour tuer tant d'hommes, dissiper tant de biens, anéantir tant de villes en si peu de temps; mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects? (...)

Il y a des milliers de jeunes écrivains et de jeunes artistes qui sont morts. Il y a l'illusion perdue d'une culture européenne et la démonstration de l'impuissance de la connaissance à sauver quoi que ce soit; il y a la science, atteinte mortellement dans ses ambitions morales, et comme déshonorée par la cruauté de ses applications; il y a l'idéalisme, difficilement vainqueur, profondément meurtri, responsable de ses rêves; le réalisme déçu, battu, accablé de crimes et de fautes; la convoitise et le renoncement également bafoués ; les croyances confondues dans les camps, croix contre croix, croissant contre croissant; il y a les sceptiques eux-mêmes désarçonnés par des événements si soudains, si violents, si émouvants, et qui jouent avec nos pensées comme le chat avec la souris, — les sceptiques perdent leurs doutes, les retrouvent, les reperdent, et ne savent plus se servir des mouvements de leur esprit. L'oscillation du navire a été si forte que les lampes les mieux suspendues se sont à la fin renversées. (...)"

Paul VALERY, La crise de l'esprit, 1919, 1ère lettre. Première publication en anglais,

 dans l'hebdomadaire londonien Athenæus, Avril-Mai 1919.

 

Une prise de conscience du déclin de l'Europe


L'auteur, Demangeon, nous livre une vision parfaitement claire, voire visionnaire, de la situation future du continent européen sous la forme d'un questionnement.


"Pour nous, ce que nous voulons tenter ici, c'est de considérer le déplacement de la fortune qui apparaît comme l'un des faits capitaux de la guerre, non pas du point de vue social, mais du point de vue international. Il n'est douteux pour personne que l'Europe, qui régissait le monde jusque vers la fin du XIXème siècle, perde sa suprématie au profit d'autres pays ; nous assistons au déplacement du centre de gravité du monde hors d'Europe ; nous voyons sa fortune passer aux mains des peuples de l'Amérique et de l'Asie.

Jusqu'ici c'était un fait élémentaire de géographie économique que l'Europe dominait le monde de toute la supériorité de sa haute et antique civilisation. Son influence et son prestige rayonnaient depuis des siècles jusqu'aux extrémités de la terre. Elle dénombrait avec fierté les pays qu'elle avait découverts et lancés dans le courant de la vie générale, les peuples qu'elle avait nourris de sa substance et façonnés à son image, les sociétés qu'elle avaient contraintes à l'imiter et à la servir.

Quand on songe aux conséquences de la grande guerre, qui vient de se terminer, sur cette prodigieuse fortune, on peut se demander si l'étoile de l'Europe ne pâlit pas et si le conflit dont elle a tant souffert n'a pas commencé pour elle une crise vitale qui présage la décadence. En décimant ses multitudes d'hommes, vastes réserves de vie où puisait le monde entier ; en gaspillant ses richesses matérielles, précieux patrimoine gagné par le travail des générations ; en détournant pendant plusieurs années les esprits et les bras du labeur productif vers la destruction barbare ; en éveillant par cet abandon les initiatives latentes ou endormies de ses rivaux, la guerre n'aura-t-elle pas porté un coup fatal à l'hégémonie de l'Europe sur le monde ?

Déjà la fin du XIXème siècle nous avait révélé la vitalité et la puissance de certaines relations extra-européennes, les unes comme les Etats-Unis nourries du sang même de l'Europe, les autres comme le Japon , formées par ses modèles et ses conseils. En précipitant l'essor de ces nouveaux venus, en provoquant l'appauvrissement des vertus productrices de l'Europe, en créant ainsi un profond déséquilibre entre eux et nous, la guerre n'a-t-elle pas ouvert pour notre vieux continent une crise d'hégémonie et d'expansion ?

Dépeuplée et appauvrie, l'Europe sera-t-elle apte à maintenir sur le monde le faisceau de liens économiques qui compose sa fortune privilégiée ? Sera-t-elle toujours la grande banque qui fournissait des capitaux aux régions neuves ? Comme puissances capitalistes, le Japon et surtout les Etats-Unis sont devenus ses rivaux. Sera-t-elle toujours la grande entreprise d'armement qui transportait de mer en mer les hommes et les produits de toute la terre ? D'autres marines se construisent et s'équipent qui lui disputent ce rôle fructueux de roulier des mers. Sera-t-elle toujours la grande usine qui vendait aux peuples jeunes ses collections d'articles manufacturés ? Aux Etats-Unis et au Japon naissent et grandissent des industries qui visent les mêmes débouchés. Sera-t-elle toujours la grande puissance économique du monde ? Elle n'est déjà plus la seule à l'exploiter, à le coloniser, à le financer.

On peut donc dire que nous assistons au déclin de l'Europe. Il est intéressant de chercher sur quels points de la terre on commence à voir son domaine se démembrer et quels sont les pays qui profitent de ce déplacement de fortune. Il apparaît nettement que, sur des territoires différents et à des titres divers, les héritiers de l'Europe sont les Etats-Unis et le Japon. Depuis longtemps la doctrine Monroe DellepianeExpoColoniale-1922.jpgavait marqué des limites aux ambitions politiques de l'Europe sur le continent américain ; l'essor prodigieux des Etats-Unis dans la production industrielle impose de même des limites à l'expansion économique de l'Europe ; l'Amérique latine, longtemps fief de notre commerce, cède peu à peu à l'attraction yankee ; bien plus, par une curieuse inversion des courants d'influences, la vieille Europe s'ouvre à la jeune Amérique comme une terre de colonisation. En Extrême-Orient, le Japon cherche à réaliser dans l'ordre économique la formule que ses missionnaires et ses diplomates propagent depuis les Indes jusqu'à la Sibérie : l'Asie aux Asiatiques. Et voici que les races, parmi lesquelles l'Europe avait longtemps recruté des esclaves et des ouvriers, commencent à réclamer le traitement politique qui sera le premier fondement de leur indépendance économique : c'est toute l'Europe qui chancelle."

Extrait de DEMANGEON, A., "Le déclin de l'Europe", Paris, 1920. (Introduction de l'ouvrage)

 



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Ce sentiment du déclin explique qu'en France  l'opinion publique et les gouvernements  ne remettent pas en cause la colonisation. L'Empire est considéré comme un facteur indispensable de la puissance française. L'Exposition coloniale de 1931 fut l’expression la plus claire de cet état d’esprit renforcé par le sentiment que face à la récession mondiale née en 1929, l’Empire colonial est un atout majeur et indispensable pour en limiter les conséquences en France.

 

l Débats sur la colonisation : hier et aujourd’hui : Autour de l’Exposition coloniale de 1931 et le centenaire de la conquête de l’Algérie en 1930 ;

http://hgsavinagiac.over-blog.com/article-31615907.html

l Débats actuels autour de la colonisation :

Ces caractères posent la question du « rôle de la colonisation » si certains aspects peuvent apparaître positifs (infrastructures,  protection sanitaire, alphabétisation), ils apparaissent souvent liés à la mise en exploitation des colonies (exportations vers la métropole, amélioration de la qualité de la main d'œuvre dans les entreprises coloniales…) mais le progrès s’est fait de la même façon dans nos sociétés (hausse du niveau de vie des travailleurs pour pouvoir écouler la production crée par la révolution industrielle et les techniques production de masse).

Débat autour d’une loi: La loi du 23 février 2005 avait pour principal objet l’indemnisation des harkis et de leur famille, la reconnaissance des «souffrances éprouvées» et des «sacrifices endurés» et la création d’une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie. L'article 4 de la loi établit que «les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit». Avant de provoquer de nombreuses protestations (notamment celle du président algérien Abdelaziz Bouteflika et de plusieurs collectifs d’historiens) l’article 4 était passé pratiquement inaperçu. Il ne figurait pas dans le texte initial et avait été introduit avec d’autres amendements en 1ère lecture, en juin 2004, par un député UMP.

   Soucieux d'"apaiser les esprits", le président de la République, Jacques Chirac, s'est prononcé, le 4 janvier 2006 , pour une réécriture de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui évoque "le rôle positif" de la colonisation française outre-mer."Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire", a affirmé J. Chirac qui a aussi déclaré que "la question de l'esclavage" était "une blessure pour un grand nombre de nos concitoyens, notamment outre-mer", et a rappelé qu'il avait décidé d'instaurer en France "une journée de la mémoire". Les socialistes réclamaient l'abrogation pure et simple de l'article controversé. Le débat a par ailleurs conduit dix-neuf historiens à réclamer l'abrogation de toutes les dispositions législatives relatives à certaines pages de l'histoire de France.

 

 

 

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Le pédagogue 21/02/2017 11:11

Le pédagogue :


Bugeaud.
Thomas Robert Bugeaud (1784-1849).
Marquis, duc et maréchal, toujours honoré par l’État français, comme d’innombrables autres de son acabit.
Il s’est distingué dans les massacres sous Napoléon, dans les répressions de révoltes à Paris, et surtout dans les horreurs du colonialisme en Afrique, plus particulièrement en Algérie où il a été « gouverneur général ».
Il disait que le but du colonialisme « est d’empêcher les arabes de semer, de récolter, de pâturer […] ou de les exterminer jusqu’au dernier ».

Lucas Duplan clinkle 24/09/2014 08:03

Les zones où la terre rencontre de grandes étendues d'eau sont appelées zones côtières. La division entre la terre et l'eau est un concept fondamental pour l'être humain, qui peut avoir une importance culturelle forte.

le-grand-nord-en-questions - C.H-L* 18/06/2011 11:48


Bonjour, je parcours votre blog avec beaucoup d'admiration pour votre travail, et cet article en particulier est un petit "bijoux". Oui, le passé colonial des "grandes puissances" reste encore
tabou. La situation de la Nouvelle Calédonie reflète encore ces réticences...
Bien cordialement.


Annab' 05/02/2011 23:52


très intéressant ! je suis en pleine dissert' sur la colonisation et ça m'aide vraiment. j'ai plein de bouquins mais on s'y perd un peu... Merci !


photography dissertation 21/01/2010 15:21


I have been visiting various blogs for my dissertation research. I have found your blog to be quite useful. Keep updating your blog with valuable information... Regards