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Blog géopolitique de D. Giacobi

Ni Bamiyan, ni Palmyre : les réseaux sociaux sauvent un pan de la mémoire de la France capétienne : un vestige de l’enceinte de Paris édifiée par Philippe Auguste

L’affaire de la découverte d'une tour de l’enceinte de Philippe Auguste est symptomatique d’une nouvelle idéologie qui s’exprime dans les nouveaux programmes d’histoire de l’Éducation Nationale, elle entend réduire à peau de chagrin les apports de la Monarchie française chrétienne dans l’édification de la France et nier ses « racines chrétiennes ».

Les nouveaux idéologues veulent faire table rase du passé.

En Asie l’Etat Islamique est à l’œuvre ou plutôt à l’heure de la destruction. Sur le modèle des Talibans détruisant les bouddhas de Bamiyan, l'EI voit dans les œuvres religieuses préislamiques, des signes d'idolâtrie. Près de 300 sites archéologiques et historiques syriens et irakiens ont été endommagés, détruits ou pillés depuis le début du conflit selon l'UNESCO, notamment les ruines des cités antiques de Hatra et Nimrud, le saccage du musée archéologique de Mossoul, la destruction des temples de Palmyre.

Je donnais l’information de la destruction du temple de Baalshamin le 24 août 2015 en dénonçant une nouvelle fois l’iconoclasme de Daech :

A la fin de l’article suivant je répertorie mes articles sur l’iconoclasme et le biblioclasme :

Mais cet iconoclasme peut trouver d’autres fondements, en particulier les fondements économiques, c’est par exemple le cas en Afghanistan sur le site bouddhiste de Mes Aynak :

En cause, cette fois non pas la rage iconoclaste des Talibans mais les ambitions économiques de la Chine lancée dans le monde entier dans une course aux ressources destinées à alimenter « l’usine du monde » qu’elle est aujourd'hui devenue.

Mes Aynak est une cité taillée dans la pierre avec des cavernes ornées de sculptures et des œuvres en relief creusées sur le flanc des rochers. Elle recèle d’innombrables trésors archéologiques : des temples, des monastères et des milliers de statues du Bouddha dans des positions multiples. Les vestiges sont datés entre les 3 et 7èmes siècles. Le site était connu mais avait été délaissé depuis l’époque du gouvernement taliban et il n’avait pas été fouillé systématiquement jusqu’à une date récente.

En 2007, la China Metallurgical Group Corporation a obtenu la concession du site pour trente ans pour y exploiter une gigantesque mine de cuivre à ciel ouvert. Le groupe a investi 3 milliards $ pour obtenir le marché, il compte obtenir de l’extraction un chiffre d’affaires total de 100 milliards $. Le site sera irrémédiablement détruit.

L'"Association for the Protection of Afghan Archaeology" milite pour les mêmes objectifs et a lancé une pétition internationale pour la préservation du site de Mes Aynak.

Une fois encore se pose à Mes Aynak la question de la destruction du patrimoine mondial de l'Humanité au nom des dogmatismes idéologiques ou religieux ou des impératifs économiques.

Mais nos pays ne sont pas épargnés comme le montre cette affaire patrimoniale récente dont le cadre est à Paris et qu'un média qualifie de

"DÉCOUVERTE EMBARASSANTE"

L’affaire est symptomatique d’une nouvelle idéologie qui s’exprime dans les nouveaux programmes d’histoire de l’Éducation Nationale réduisant à peau de chagrin les apports de la Monarchie française chrétienne dans l’édification de la France et niant les « racines chrétiennes » de la France.

 

Tour de l'enceinte de Philippe Augsute Tour  © Oppic / Patrick Tourneboeuf

Tour de l'enceinte de Philippe Augsute Tour © Oppic / Patrick Tourneboeuf

Fin 12ème siècle, alors que Philippe Auguste se prépare à partir pour la 3ème croisade (1189-1192), il craint pour la sécurité de la capitale en raison de son conflit avec l’Angleterre des Plantagenêt car une armée anglaise se tient prête dans le duché de Normandie. Il décide de faire édifier la forteresse du Louvre et une vaste muraille de 5 km de long, 3 m d'épaisseur et 9 m de hauteur. Il n’en subsiste que quelques traces même si son tracé est connu avec précision. Elle se terminait au Pont des Arts le long de la seine par deux tours de 25 m de haut qui ont disparu ; des tours plus modestes étaient construites tous les 60 m, c’est à dire la portée d'une arbalète.

C’est l’une de ces tours qui a été découverte au printemps 2016 sur le chantier de l'Institut de France.

Curieusement cette découverte notable n’a pas fait la une de la presse alors qu’il est d’usage dans des circonstances semblables de voir l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) convier la presse pour diffuser le plus largement possible la découverte.

Cette fois « silence-radio ». Voulait-on cacher l'événement pour pouvoir faire disparaître ce vestige rapidement ?

Mais une fois encore, c’était sans compter sur le « poil à gratter » des réseaux sociaux quand en passant rue Mazarine, des Parisiens ont pu lire un panneau discret plaqué contre un bâtiment de l'Institut de France y signalant une fouille en cours.

Petit « flash back » sur les origines de la découverte.

Il faut remonter à l'an IV de la République (1796), lorsque le jardin de 1500 m² du directeur de l'Institut fut mis à disposition de l'hôtel de la Monnaie pour installer des ateliers de frappe de la monnaie. Le jardin était exactement au-dessus du fossé creusé sur ordre de Charles V autour de l'enceinte de Philippe Auguste. En 1850, l'Institut réclama le retour de son terrain, le conflit avec l'hôtel de la Monnaie dura jusqu’en 2004, l'État ordonnant alors la restitution de la « parcelle de l'an IV », elle ne fut effective qu’en 2012. L'institut décida de lancer la construction d’un auditorium de 350 places dont le permis de construire date 25 juillet 2013. C’est dans le cadre de ce chantier qui avait déjà pris du retard que fut faite « la découverte embarrassante ».

 

Conclusion de cette "affaire embarassante"

Nulle doute que les « sacro-saints » impératifs économiques avaient conduit certains décideurs à recouvrir de béton ces vieilles pierres bien encombrantes pour continuer la construction de l'auditorium comme si de rien n'était. Position symptomatique d’une nouvelle idéologie qui s’exprime dans les nouveaux programmes d’histoire de l’Éducation Nationale qui réduisent à peau de chagrin les apports de la Monarchie française chrétienne dans l’édification de la France et nient les « racines chrétiennes » de la France.

 

Finalement la pression des réseaux sociaux soutenant les archéologues ont conduit (ou obligé) en avril 2016 à un accord entre l'Institut de France et les archéologues, la tour doit être épargnée par les travaux mais pas le reste de l'enceinte, en mauvais état. L'atelier d'architecte Barani en charge du chantier devait adapter ses plans pour permettre sa mise en valeur.

L’article du Point a été largement repris sur le web :

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